Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : cher, clairement, mais pas du vol non plus
Design et ergonomie : beau coffret, mais pas le plus pratique du monde
Matériaux et pigments : très pigmenté, très tendre, et ça se sent tout de suite
Durabilité : solides pour des pastels tendres, mais ça reste du fragile
Performance et rendu : là-dessus, ça fait clairement le taf
Présentation du coffret : gros set, vraie impression de gamme pro
Points Forts
- Pastels très tendres et bien pigmentés, application confortable et couleurs intenses
- Sélection de 100 couleurs cohérente avec de vrais dégradés utilisables
- Coffret en bois solide et mousse de protection efficace pour limiter la casse
Points Faibles
- Prix élevé, surtout pour un débutant ou un usage occasionnel
- Bâtons fragiles et qui s’usent vite, surtout en grand format
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Schmincke |
Un gros coffret qui fait clairement monter d’un cran le niveau
Je vais être honnête : au départ, j’ai longtemps hésité avant de mettre autant d’argent dans des pastels. Jusqu’ici, je tournais avec des sets Rembrandt et quelques Sennelier achetés à l’unité, donc déjà du matos correct. J’ai pris ce coffret Schmincke 100 couleurs surtout pour voir si la différence de prix se ressent vraiment quand on dessine régulièrement. Après plusieurs séances (portraits, paysages, quelques essais abstraits), j’ai maintenant assez de recul pour dire ce que ça vaut concrètement, sans discours de vendeur.
Le premier truc qui m’a frappé, c’est la sensation au toucher : c’est très tendre, clairement plus doux que mes Rembrandt, et ça accroche le papier tout de suite. Pas besoin d’appuyer comme un bourrin pour avoir une couleur bien pleine. Par contre, qui dit très tendre dit aussi qu’il faut un peu adapter sa façon de tenir le pastel, sinon on consomme vite les bâtons et on en met partout. C’est agréable, mais ça demande un petit temps d’adaptation si on vient de pastels plus durs.
Autre point qui m’a marqué : la sélection de couleurs dans ce coffret est assez bien pensée. On sent que ce n’est pas un assortiment random de 100 couleurs qui se ressemblent toutes. Il y a de vrais dégradés utilisables, des valeurs sombres, des clairs, des teintes de peau exploitables, et pas juste 25 rouges quasi identiques. En pratique, pour la plupart de mes dessins, je reste largement dans ce coffret sans devoir piocher ailleurs, ce qui est plutôt pratique.
Globalement, après plusieurs semaines, mon ressenti c’est que ce coffret s’adresse surtout à ceux qui dessinent au pastel de manière sérieuse, pas juste pour colorier deux fois par an. Le prix pique, la qualité est là, mais ce n’est pas magique non plus : si on débute complètement, on ne va pas « devenir bon » juste parce qu’on a ces bâtons. Par contre, si on sait déjà un peu ce qu’on fait, on sent clairement qu’on a plus de confort et plus de marge pour pousser les dessins.
Rapport qualité-prix : cher, clairement, mais pas du vol non plus
Parlons du sujet qui pique : le prix. Ce coffret Schmincke 100 couleurs n’est pas donné, et on le sent tout de suite quand on clique sur « ajouter au panier ». Comparé à des sets 60 ou 90 couleurs d’autres marques comme Rembrandt, on est au-dessus. Du coup, la vraie question c’est : est-ce que la différence de qualité justifie la différence de prix ?
Pour moi, ça dépend vraiment du profil. Si on est débutant, qu’on découvre juste le pastel, honnêtement, je trouve que c’est trop. On ne sait pas encore si on va accrocher à la technique, on casse plus facilement les bâtons, on gaspille un peu parce qu’on teste des trucs. Dans ce cas, un set moins cher fait largement l’affaire pour apprendre les bases. On pourra toujours passer à Schmincke plus tard si on s’y met sérieusement.
Par contre, si on dessine régulièrement, qu’on a déjà testé plusieurs marques, là, on sent la différence. La douceur, la puissance des pigments, la sélection de couleurs bien pensée, ça rend les sessions plus agréables et plus efficaces. On passe moins de temps à batailler avec le matériel et plus de temps à se concentrer sur le dessin. Et comme les bâtons sont vendus à l’unité, on peut compléter au fur et à mesure sans racheter tout un coffret.
En résumé, je dirais que le rapport qualité-prix est bon pour un utilisateur avancé, mais pas spécialement « intéressant » pour un débutant. On paye clairement la marque et la qualité artiste, mais on la retrouve dans l’usage. Si on veut se faire plaisir, ou si on bosse sérieusement le pastel (cours, commandes, expos), ça se défend. Si on cherche juste un loisir occasionnel, il y a des options bien moins chères qui feront largement le job.
Design et ergonomie : beau coffret, mais pas le plus pratique du monde
Sur le design, il y a deux choses à distinguer : le coffret en lui-même et les bâtons de pastel. Le coffret en bois teinté foncé est plutôt propre, avec une finition correcte. Ce n’est pas du meuble de luxe, mais ça ne fait pas cheap non plus. Les charnières tiennent bien, le système de fermeture par bouton pression fonctionne sans jeu. Sur ma copie, pas de défaut de vernis ou de planche gondolée. Posé sur un bureau ou une table d’atelier, ça a une bonne gueule, on n’a pas l’impression d’un jouet.
En termes d’ergonomie par contre, ce n’est pas parfait. Le coffret est large (environ 41 x 48,6 cm), donc il prend de la place une fois ouvert. Si on travaille sur une petite table, on se retrouve vite à jongler entre le papier, les pastels, les chiffons, etc. Les plateaux ne sont pas indépendants : on ne peut pas juste sortir un plateau pour le poser ailleurs sans tout trimballer. Pour un usage sédentaire, ce n’est pas gênant, mais pour ceux qui aiment bouger le matériel autour de la zone de dessin, ce n’est pas le plus souple.
Les pastels eux-mêmes sont de forme cylindrique, taille classique de pastel tendre. Rien de spécial, mais ça tient bien en main. Le papier autour aide à ne pas se salir trop vite, même si, soyons honnête, avec ce type de matériel, on finit toujours avec les doigts colorés. Le diamètre est confortable pour travailler aussi bien en aplats qu’en traits plus précis, tant qu’on garde des arêtes non trop émoussées. Si on est habitué à des demi-bâtons ou à des pastels plus longs, il faut juste s’y faire, mais ça vient vite.
Globalement, le design vise clairement un usage atelier : beau coffret, bien présenté, mais pas ultra mobile. Ce n’est pas ce que je prendrais pour faire du carnet de croquis en extérieur. Par contre, posé sur une table dédiée, ça donne un accès rapide à un gros choix de couleurs, ce qui est quand même l’objectif principal. Pour améliorer un peu, j’aurais juste aimé des plateaux amovibles et peut-être un marquage plus clair des gammes de couleurs sur le coffret lui-même.
Matériaux et pigments : très pigmenté, très tendre, et ça se sent tout de suite
Schmincke met en avant le fait que leurs pastels sont faits sans craie, avec un max de pigments et un minimum de liant. En pratique, ça se voit : les couleurs sortent très vite, avec peu de pression, et on a un rendu bien couvrant même sur un papier un peu rugueux. Si on compare avec des pastels plus « étudiants » ou des marques d’entrée de gamme, la différence est assez nette : moins d’effet poussiéreux pâlichon, plus de densité dès le premier passage.
Le revers de la médaille, c’est la tendreté. Les bâtons sont vraiment tendres, presque crémeux au contact du papier. C’est super agréable pour poser des aplats, fondre des couleurs au doigt ou à l’estompe, et faire des transitions douces. Mais ça veut aussi dire que :
- on consomme plus vite chaque bâton, surtout si on travaille en grands formats ;
- les risques de casse sont plus élevés si on appuie trop fort ou si on les manipule un peu brutalement ;
- on génère pas mal de poussière, donc il faut prévoir un espace de travail adapté.
Niveau résistance à la lumière, sur le papier, Schmincke est très bien placé. Je n’ai évidemment pas un recul de 10 ans avec ce coffret, mais j’ai quelques petits tests scotchés près d’une fenêtre depuis plusieurs semaines, et pour l’instant, je ne vois pas de fade visible, là où certains vieux pastels d’autres marques avaient déjà perdu un peu d’intensité dans les teintes fragiles (certains roses/violets). Pour quelqu’un qui veut vendre ou exposer, c’est un point important.
En résumé, les matériaux sont clairement orientés « qualité artiste » : gros pigment, peu de liant, texture très tendre. C’est agréable à utiliser, mais ce n’est pas le genre de pastel qu’on met entre les mains d’un enfant ou d’un débutant maladroit. Il faut accepter que ça s’use vite et que ça demande un minimum de soin dans la manipulation. Si on cherche quelque chose de plus robuste et économique, il y a d’autres gammes qui feront plus sens.
Durabilité : solides pour des pastels tendres, mais ça reste du fragile
Côté durabilité, il faut être réaliste : ce sont des pastels très tendres, donc par définition, ce n’est pas ce qu’il y a de plus robuste. Malgré ça, le coffret et la mousse font bien leur boulot. À la réception, aucun bâton cassé chez moi, et après plusieurs ouvertures/fermetures, ils tiennent toujours bien en place. Tant qu’on ne secoue pas le coffret comme une brute, ça va. Le bois protège correctement des chocs légers, mais ce n’est pas une mallette de chantier non plus.
En usage, la casse arrive surtout quand on appuie trop fort ou qu’on les laisse rouler et tomber de la table. Là, oui, ça casse facilement en deux. L’avantage, c’est qu’on peut toujours utiliser les morceaux, voire que certains préfèrent travailler avec des morceaux plus courts pour les détails. Mais psychologiquement, quand on sait le prix du set, ça fait un peu mal au début. Au bout de quelques séances, on s’y fait et on arrête de les traiter comme des objets sacrés.
Sur la consommation, forcément, comme ils sont très tendres, on les use plus vite que des pastels plus durs type Faber-Castell Polychromos ou des gammes étudiantes. Si on fait de grands formats régulièrement, certains bâtons vont descendre assez vite (les blancs, les ocres, certains bleus). Pour un usage loisir, le coffret va durer un bon moment. Pour un usage intensif, il faut s’attendre à racheter des bâtons à l’unité pour remplacer les couleurs clés. Heureusement, Schmincke vend au détail, mais le prix reste élevé.
Pour la durabilité des œuvres finies, comme dit plus haut, la résistance à la lumière est annoncée très bonne. Je n’ai pas assez de recul sur plusieurs années, mais vu la réputation de la marque et les premiers tests, je suis plutôt confiant. Évidemment, ça n’empêche pas de fixer correctement (ou pas, selon la technique) et d’éviter une exposition plein soleil direct pendant 10 ans. Mais pour un artiste qui vend ou expose, c’est plus rassurant que des pastels bas de gamme qui virent au bout de quelques mois.
Performance et rendu : là-dessus, ça fait clairement le taf
Sur la performance pure, rien à dire : ces pastels sont très agréables à travailler. La pose de la couleur est immédiate, on obtient des aplats bien pleins sans devoir multiplier les couches. Pour les portraits, j’ai particulièrement apprécié les dégradés de teintes chair et les ocres : on peut monter les volumes progressivement, en commençant léger et en renforçant les ombres sans que ça devienne vite boueux, à condition de ne pas tout écraser avec les doigts.
La capacité de mélange est vraiment bonne. En superposant deux ou trois teintes proches, on arrive à des nuances intéressantes sans perdre trop de lisibilité. Sur papier à grain type Pastelmat ou Canson Mi-Teintes Touch, on peut empiler plusieurs couches avant de saturer le support. Par contre, comme ils sont très tendres, si on insiste trop, on remplit vite le grain et après, ça devient compliqué de rajouter quoi que ce soit sans que ça glisse. Il faut donc apprendre à s’arrêter au bon moment et travailler du plus clair au plus foncé ou inversement selon son habitude.
Pour les contrastes forts (ciels très bleus, verts intenses, rouges profonds), les pigments tiennent bien. Les noirs et les sombres ne virent pas au gris sale quand on les mélange un peu, ce qui est un vrai plus. Les blancs sont suffisamment couvrants pour revenir sur des zones déjà colorées et rajouter des touches de lumière. Là encore, sur ce point, je les trouve au-dessus de mes Rembrandt, qui saturent un peu plus vite et ont des blancs moins costauds.
En pratique, j’ai réussi à faire :
- des portraits avec pas mal de nuances de peau sans me battre avec la couleur ;
- des paysages avec des ciels bien profonds et des lointains doux ;
- des études rapides en 20-30 minutes avec un rendu déjà très lisible.
Donc oui, niveau performance, ça tient la route. C’est clairement du matos qui suit si on veut pousser un peu le réalisme ou travailler des ambiances lumineuses précises. Ce n’est pas magique, mais ça enlève pas mal de frustrations liées à des pastels trop durs ou trop peu pigmentés.
Présentation du coffret : gros set, vraie impression de gamme pro
Niveau présentation, on est sur un coffret en bois foncé de bonne taille, avec deux plateaux de pastels rangés dans de la mousse découpée. Quand on ouvre, ça fait tout de suite sérieux : les bâtons sont bien alignés, protégés, rien ne se balade dans tous les sens. À la réception, aucun pastel cassé chez moi, ce qui est plutôt rassurant vu la tendreté du truc. On sent que la mousse a été pensée pour limiter la casse et la poussière, même si évidemment, on ne reste pas propre longtemps dès qu’on commence à les utiliser.
Chaque pastel est un bâtonnet court, sans gaine, avec un papier autour qui indique la référence. Les couleurs sont rangées de façon logique, par gammes, ce qui aide à s’y retrouver quand on cherche un ton précis. On voit bien les dégradés (plus clair, moyen, foncé) dans une même teinte, ce qui est très pratique pour travailler les volumes. Pour quelqu’un qui aime avoir une organisation claire, c’est appréciable. Par contre, il n’y a pas de nuancier papier détaillé dans la boîte, donc si on veut vraiment s’y retrouver avec les références, il faudra se faire ses propres planches.
Un détail que j’ai bien aimé : le coffret est verrouillable avec un bouton pression, donc si on transporte le tout (atelier, cours, etc.), ça tient fermé. Ce n’est pas une valise blindée non plus, mais pour un transport raisonnable, ça fait le job. Le poids (un peu plus de 1,5 kg) reste gérable, même si ce n’est pas le truc qu’on a envie de trimballer tous les jours dans un sac à dos pour dessiner dans le métro.
Concrètement, la présentation donne vraiment l’impression d’un produit orienté atelier ou usage régulier, pas d’un petit kit loisir. Ça peut faire un cadeau qui en jette pour quelqu’un qui aime déjà le pastel, mais pour un débutant total, ça peut presque faire peur : beaucoup de couleurs, gros coffret, et pas vraiment de guide ou de mode d’emploi. On ouvre, on a envie d’essayer, mais il faut déjà savoir un minimum où on va.
Points Forts
- Pastels très tendres et bien pigmentés, application confortable et couleurs intenses
- Sélection de 100 couleurs cohérente avec de vrais dégradés utilisables
- Coffret en bois solide et mousse de protection efficace pour limiter la casse
Points Faibles
- Prix élevé, surtout pour un débutant ou un usage occasionnel
- Bâtons fragiles et qui s’usent vite, surtout en grand format
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, ce coffret Schmincke 100 pastels extra-soft, c’est clairement du matos orienté artistes exigeants ou passionnés qui passent beaucoup de temps au pastel. Les points forts sont assez nets : texture ultra tendre, pigments vraiment intenses, sélection de couleurs cohérente et coffret en bois qui protège plutôt bien l’ensemble. En main, on sent la différence par rapport à des gammes plus « étudiantes » : la couleur se pose facilement, les mélanges sont propres, on peut pousser assez loin les nuances sans se battre avec le matériel.
En face, il y a quand même quelques limites. Le prix est élevé, la consommation des bâtons est rapide si on travaille en grand format, et la fragilité reste celle d’un pastel très tendre. Le coffret est beau mais pas ultra pratique à transporter, donc on est plus sur un set d’atelier que sur un kit nomade. Pour quelqu’un qui débute ou qui dessine occasionnellement, c’est un investissement un peu disproportionné. Pour quelqu’un qui bosse régulièrement au pastel, par contre, ça commence à se justifier sérieusement.
Donc concrètement : si tu cherches à passer un cap en pastel, que tu en fais souvent et que tu veux un coffret complet qui tienne la route sur le long terme (en remplaçant quelques couleurs à l’unité), ce set Schmincke est franchement une bonne option. Si tu es encore en phase découverte ou que tu as un budget serré, je te conseillerais plutôt de commencer plus bas en gamme, quitte à venir sur Schmincke plus tard quand tu sentiras que ton niveau et ta pratique le méritent vraiment.