Résumé
Note de la rédaction
Rapport qualité-prix : pour qui ce coffret vaut le coup
Design, ergonomie et prise en main des bâtons
Matériaux, texture et qualité du pigment
Solidité des bâtons et tenue du dessin dans le temps
Performance en dessin : superposition, détails et rendu peau
Présentation du coffret : contenu et premières impressions
Points Forts
- Gamme de couleurs très cohérente pour le portrait (beaucoup de tons chairs et neutres utiles)
- Pigments de bonne qualité avec une texture agréable, ni trop dure ni trop tendre
- Bonne capacité de superposition et de mélange pour travailler les carnations en finesse
Points Faibles
- Prix élevé pour quelqu’un qui débute ou qui dessine peu
- Bâtons fragiles qui peuvent casser facilement si on ne fait pas attention
Caractéristiques
Voir la fiche produit complète →| Marque | Rembrandt |
Un gros coffret pour passer au niveau au‑dessus en portrait
J’utilise des pastels secs depuis quelques années, surtout pour le portrait, mais jusque-là je tournais avec des marques plus « grand public » type Faber-Castell ou des coffrets basiques de beaux-arts. J’ai pris ce set Rembrandt 90 couleurs spécial portrait pour voir si la différence de prix se justifiait vraiment. Autant le dire tout de suite : on est sur un produit clairement orienté pratique sérieuse, pas sur le petit coffret pour gribouiller le dimanche. Rien que le nombre de bâtons et la réputation de la marque mettent la barre assez haut.
Je l’ai utilisé pendant environ trois semaines sur plusieurs projets : deux portraits sur papier Pastelmat, un sur Canson Mi-Teintes, plus quelques tests rapides de mélanges de carnation et de fonds. J’ai essayé de pousser un peu le truc : superpositions, estompe, détails fins, grosses zones de couleur, travail sur cheveux, barbes, etc. L’idée, c’était de voir si ce coffret pouvait être mon set « principal » pour tout ce qui est portrait, sans avoir à piocher dans d’autres marques tout le temps.
Concrètement, ce coffret vise surtout ceux qui veulent travailler la peau, les nuances de lumière, les ombres chaudes/froides, bref tout ce qui fait un portrait un peu sérieux. Si vous cherchez des couleurs flashy pour paysages ou abstrait, ce n’est pas vraiment l’angle. Là, on est plutôt sur des tons peau, ocres, bruns, gris colorés, quelques rouges et bleus utiles pour les ombres et les lèvres, mais globalement c’est pensé pour la figure humaine.
Au final, mon avis est globalement positif, mais ce n’est pas non plus le graal absolu pour tout le monde. Il y a des trucs très réussis (la qualité du pigment, la cohérence des couleurs pour la peau), et quelques points qui peuvent saouler, comme la casse possible des bâtons et le prix qui pique un peu. Je vais détailler tout ça point par point pour que vous sachiez clairement si ça vaut le coup pour votre usage ou si un set plus simple suffira.
Rapport qualité-prix : pour qui ce coffret vaut le coup
On va parler du point qui fâche souvent : le prix. Ce coffret de 90 pastels Rembrandt n’est clairement pas dans la catégorie « pas cher ». On paie la marque, la qualité des pigments et le fait que ce soit un set spécialisé portrait assez complet. Si vous comparez au bâton à l’unité, le prix par pastel reste raisonnable, mais posé d’un coup, ça fait quand même une somme. Pour quelqu’un qui dessine deux fois par an, ce n’est pas forcément logique d’investir autant.
Pour moi, le coffret a du sens si : 1) vous faites déjà un minimum de pastel, 2) vous aimez vraiment le portrait, et 3) vous comptez vous y mettre sérieusement sur la durée. Dans ce cas, avoir un set cohérent comme celui-là fait gagner du temps et évite d’acheter dix boîtes différentes pour retrouver les bons tons de peau. On sent la différence avec des sets d’étude moins chers : les couleurs sont plus fiables, la texture plus agréable, et la cohérence des teintes est meilleure pour construire des visages crédibles.
Par contre, si vous débutez totalement, je pense qu’un coffret plus petit (genre 24 ou 36 couleurs d’étude) peut suffire pour commencer. Vous verrez déjà si le pastel vous plaît vraiment. Vous pourrez ensuite passer à ce genre de coffret plus haut de gamme une fois que vous aurez un peu de bouteille et que vous saurez ce que vous cherchez comme type de couleurs. Investir direct dans un 90 pièces Rembrandt pour juste tester, c’est un peu comme acheter un reflex pro pour apprendre à faire des photos de vacances.
En résumé, le rapport qualité-prix est bon pour un utilisateur motivé qui va vraiment exploiter le set, moyen pour un débutant qui risque de se sentir un peu perdu et de ne pas rentabiliser l’achat. Ce n’est pas du vol, mais ce n’est pas non plus l’affaire du siècle si vous ne dessinez qu’occasionnellement. À vous de voir si votre pratique justifie ce niveau de gamme.
Design, ergonomie et prise en main des bâtons
Au niveau du design, on est sur des bâtons de pastel classiques, de section ronde, avec une taille standard. Rien de révolutionnaire, mais ça reste pratique. Les bâtons ne sont pas trop gros ni trop fins, ce qui permet à la fois de faire des aplats et des traits un peu plus précis en utilisant l’arête. La forme ronde peut rouler légèrement si vous travaillez sur une table inclinée, donc perso je garde toujours une petite boîte ou je travaille sur un support avec rebord pour éviter les chutes.
Chaque bâton a une bague en papier avec le nom de la marque et la référence. C’est utile si vous voulez racheter une couleur précise plus tard. Par contre, dès qu’on commence à beaucoup utiliser un pastel et à le casser en morceaux (ce qui arrive forcément avec le temps), on perd parfois l’étiquette, et donc la référence. Rien de spécifique à Rembrandt, c’est un peu le problème de tous les pastels en bâton, mais je le mentionne quand même. Si vous êtes maniaque, prévoyez un système pour noter les numéros sur un nuancier perso.
Niveau prise en main, j’ai trouvé que la longueur des bâtons est correcte : on peut les tenir assez loin de la pointe pour travailler en gestes larges, ou plus près pour les détails. Les arêtes se forment assez vite quand on commence à les user, ce qui est pratique pour tracer des lignes plus fines. Par contre, il faut accepter qu’au fil du temps, les bâtons vont se réduire en petits morceaux. Personnellement, je garde même les bouts de 1 cm pour les détails et le travail en couches serrées.
Le coffret en lui-même fait sérieux, mais ce n’est pas une mallette rigide ultra solide non plus. C’est un bon emballage de rangement, mais je ne le trimballerais pas partout sans une protection supplémentaire. Pour un usage à la maison ou en atelier, ça va, mais pour du transport fréquent, mieux vaut investir dans une boîte plus robuste ou des boîtes de mousse séparées. En résumé, le design est fonctionnel, sans fioritures, et fait le job pour quelqu’un qui dessine régulièrement.
Matériaux, texture et qualité du pigment
Sur les matériaux, on est sur des pastels secs à base de pigments de bonne qualité et de liants (cire / charge minérale), comme indiqué. En pratique, ça donne une texture assez agréable : ni trop tendre, ni trop dure. C’est plus dur qu’un pastel très tendre type Schmincke, mais plus crémeux que des pastels d’étude basiques. Pour le portrait, j’ai trouvé cet équilibre plutôt confortable : on peut superposer plusieurs couches sans saturer le papier trop vite, tout en ayant une bonne accroche dès les premières passes.
Niveau couleur, les pigments sont bien chargés. Les teintes sortent nettes sans avoir besoin d’écraser le bâton comme un malade. Sur un papier type Pastelmat, une seule passe donne déjà une couleur franche, et on peut revenir par-dessus avec d’autres tons sans que ça vire à la bouillie. Les tons chairs en particulier sont bien pensés : on a des beiges rosés, des ocres, des bruns rougeâtres, des gris légèrement chauds, etc. Ça aide vraiment à construire des peaux crédibles, avec des transitions douces.
Ce que j’ai remarqué aussi, c’est que la poudre produite en travaillant est assez fine. Ça peut être un avantage pour les mélanges à l’estompe (doigt, estompe papier, chiffon), mais il faut éviter de souffler dessus comme un bourrin, sous peine d’en mettre partout. Je conseille d’incliner le dessin et de tapoter doucement pour faire tomber l’excès. Ça reste du pastel sec : ça salit les doigts, ça fait de la poussière, donc prévoyez un espace de travail adapté.
En termes de tenue dans le temps, je n’ai pas assez de recul sur plusieurs années, mais la marque Rembrandt a plutôt une bonne réputation sur la solidité des pigments (résistance à la lumière). Pour du portrait qui finit sous verre, ça devrait largement suffire. En résumé, sur la qualité des matériaux, on sent qu’on paie quelque chose de plus que sur un set d’entrée de gamme : les couleurs sont propres, les mélanges restent maîtrisables, et la texture est agréable pour un travail un peu poussé.
Solidité des bâtons et tenue du dessin dans le temps
Sur la durabilité, il y a deux sujets : la solidité des bâtons eux-mêmes et la tenue des œuvres une fois terminées. Pour les bâtons, on reste sur du pastel sec, donc par définition c’est fragile. Certains bâtons étaient déjà légèrement fendus à la réception (rien de dramatique, mais visible). En utilisation, si on appuie trop fort ou si le bâton tombe, ça casse. Ce n’est pas propre à Rembrandt, c’est le comportement normal de ce type de produit, mais il faut le garder en tête, surtout si vous pensiez le confier à un enfant.
Dans mon cas, au bout de trois semaines, j’ai déjà quelques bâtons cassés en deux ou trois morceaux. Perso ça ne me gêne pas, je les utilise quand même, mais ça peut surprendre au début. Je conseille de travailler avec une surface douce sous le pastel (par exemple une feuille de mousse fine dans le couvercle) pour limiter la casse quand on pose les bâtons. Et évitez de secouer le coffret dans tous les sens, évidemment. Pour le rangement, la mousse fournie fait le job, mais si vous êtes du genre à transporter souvent votre matos, une mallette plus costaud serait une bonne idée.
Pour la tenue du dessin, comme tous les pastels secs, il faut fixer légèrement ou encadrer rapidement sous verre. Sans ça, la poudre reste en surface et peut se déplacer au moindre frottement. Avec un fixatif léger en plusieurs couches fines, j’ai trouvé que les couleurs tenaient bien sans trop s’assombrir, mais il faut y aller doucement pour ne pas ruiner les nuances. Sur le long terme, la réputation de la marque sur la résistance à la lumière est plutôt bonne, donc pour des œuvres accrochées à l’intérieur, ça devrait tenir des années sans virer complètement.
Globalement, je dirais que la durabilité est correcte pour ce type de produit : ce n’est pas indestructible, loin de là, mais en en prenant un minimum soin, le coffret peut vous suivre longtemps. Il faut juste accepter qu’un set de pastels, ça vit, ça casse, ça se réduit en morceaux, et c’est normal. Si vous cherchez un truc qui reste nickel visuellement dans la boîte, ce n’est pas le bon médium, quelle que soit la marque.
Performance en dessin : superposition, détails et rendu peau
En performance pure sur le papier, j’ai été plutôt convaincu. Pour le portrait, le gros point fort, c’est la gestion des carnations. On peut facilement partir d’une base claire ou moyenne, puis venir ajouter des rouges dans les joues, des tons plus froids dans les ombres (un peu de bleu/gris), et tout se fond assez bien. Les pastels ne « bouchent » pas trop vite le grain du papier, ce qui permet d’empiler plusieurs couches sans être bloqué au bout de trois passages. Sur Pastelmat, j’ai réussi à aller assez loin en couches successives sans perdre le contrôle.
Pour les détails, ce n’est pas aussi précis qu’un crayon pastel, forcément, mais en utilisant les arêtes des bâtons, on peut faire des sourcils, des mèches de cheveux, des cils et des petites rides plutôt correctement. J’ai trouvé que certains bâtons gardaient une arête assez fine si on les taille un peu sur un papier abrasif. Par contre, pour les micro-détails ultra fins, il faudra compléter avec des crayons pastels d’une autre marque, ce coffret n’est pas pensé pour remplacer ça.
Sur les ombres et les fonds, les couleurs plus neutres (gris, bruns froids) sont bien utiles. On peut poser un fond léger derrière un portrait sans que ça vienne tout écraser. Les pigments se mélangent bien entre eux : en frottant légèrement avec le doigt ou une estompe, on arrive à des transitions douces, ce qui est pratique pour les joues, le front, le cou, etc. Attention juste à ne pas trop insister, sinon on obtient vite un effet un peu « pâteux » et on perd la texture du pastel.
En comparaison avec des pastels d’étude que j’utilisais avant, la différence se voit surtout dans la richesse des tons et la façon dont les couches se superposent. On a moins l’effet « grisouille » quand on rajoute une couleur par-dessus une autre. Pour quelqu’un qui veut vraiment progresser en portrait, ça aide à franchir un cap. Après, si vous débutez totalement, vous n’allez peut-être pas exploiter tout le potentiel du set tout de suite, et un coffret plus simple pourrait suffire au début.
Présentation du coffret : contenu et premières impressions
Quand on ouvre le carton, on tombe sur un coffret assez lourd (près de 2 kg annoncés, et ça se sent). À l’intérieur, les 90 pastels secs sont rangés en rangées dans une mousse, bien calés. On a vraiment la sensation d’un set complet, pensé pour couvrir tout le spectre du portrait : plusieurs gammes de tons chairs, des bruns, des jaunes cassés, des gris, quelques bleus/verts utiles pour les ombres et les fonds. Tout est organisé par famille de couleurs, ce qui aide à s’y retrouver dès le début.
Ce qui m’a plu, c’est que les couleurs ne sont pas « criardes ». On est sur des teintes assez réalistes, souvent légèrement cassées, ce qui est pratique pour la peau. On évite l’effet « clown » qu’on peut avoir avec certains sets d’entrée de gamme où les rouges sont trop forts et les jaunes trop vifs. Là, on a de quoi construire des carnations claires, moyennes et plus foncées, avec des nuances chaudes et froides. Pour du portrait, c’est franchement bien pensé. Par contre, si vous voulez faire aussi du paysage ou des animaux très colorés, il faudra probablement compléter avec un autre set plus généraliste.
Le coffret inclut aussi une carte postale (honnêtement gadget, je ne m’en suis pas servi, c’est juste un petit bonus illustré). Pas de nuancier papier détaillé dans mon cas, ce qui est un peu dommage : j’aurais bien aimé une vue claire de toutes les références avec leurs numéros. On peut le reconstruire soi-même en faisant des traits sur une feuille, mais pour un set de ce prix, un nuancier imprimé aurait été pratique.
Au niveau du positionnement, on sent que Rembrandt vise les amateurs avancés ou les pros : 90 bâtons, ce n’est pas pour un enfant qui teste le pastel pour la première fois. Le descriptif Amazon parle de « tous les âges », mais pour moi, vu le prix et la fragilité potentielle, ce n’est pas le kit idéal pour des petits. Clairement, c’est un coffret pour quelqu’un qui sait déjà qu’il aime le pastel sec et qui veut monter en qualité ou se spécialiser dans le portrait.
Points Forts
- Gamme de couleurs très cohérente pour le portrait (beaucoup de tons chairs et neutres utiles)
- Pigments de bonne qualité avec une texture agréable, ni trop dure ni trop tendre
- Bonne capacité de superposition et de mélange pour travailler les carnations en finesse
Points Faibles
- Prix élevé pour quelqu’un qui débute ou qui dessine peu
- Bâtons fragiles qui peuvent casser facilement si on ne fait pas attention
Conclusion
Note de la rédaction
Au final, ce coffret Rembrandt 90 pastels secs spécial portrait, c’est du matériel sérieux pour des gens qui veulent vraiment bosser le portrait au pastel. Les points forts sont clairs : qualité de pigment, cohérence des tons chairs et équilibre de la texture. On peut construire des carnations crédibles, travailler en plusieurs couches sans tout saturer, et obtenir des transitions propres. Pour quelqu’un qui a déjà un peu d’expérience et qui veut monter d’un cran, ça a du sens. On sent qu’on est au-dessus des coffrets d’étude basiques, autant en confort qu’en rendu.
Côté limites, il faut être honnête : le prix pique un peu, les bâtons restent fragiles (comme tous les pastels secs), et le coffret est vraiment orienté portrait. Si vous cherchez un set polyvalent pour tout faire (paysages, scènes très colorées, etc.), il faudra compléter avec d’autres couleurs ou une autre boîte. Je ne le conseillerais pas comme tout premier set à un débutant complet, mais plutôt comme un investissement pour quelqu’un qui sait déjà qu’il aime ce médium et qui veut un outil fiable pour progresser. Si vous cochez ces cases, ce coffret fera clairement le job et vous donnera de la marge pour expérimenter sur pas mal de portraits différents.